Allergies de contact : attention danger !

Allergies de contact
Allergies de contact

Depuis plusieurs années, les allergies de contact sont en constante progression. Allergies au latex, aux cosmétiques, aux parfums, aux tatouages au henné… les produits allergisants ne manquent pas. Comment éviter les mauvaises surprises ?

Quelques jours après avoir utiliser votre parfum favori, vous avez la peau couverte de boutons. Votre superbe tatouage au henné a laissé la place à un magnifique eczéma…
Comment réagir face à ces nouvelles allergies de contact ?

Deux mécanismes allergiques

Deux conditions d’hypersensibilité regroupent la plupart des cas d’allergie. L’hypersensibilité immédiate est la plus fréquente. L’hypersensibilité retardée est plus généralement réservée à l’allergie de contact.

  • Hypersensibilité immédiate : Lors de la première exposition, l’individu produit des anticorps particuliers, les IgE, qui reconnaissent précisément l’allergène en cause. Ensuite, lors d’un nouveau contact, la substance va pouvoir rencontrer les cellules porteuses de ces IgE (les mastocytes) et les stimuler, provoquant la libération de facteurs inflammatoires et les troubles caractéristiques de l’allergie. Les allergies au latex et aux cosmétiques entrent dans cette catégorie ;
  •  Hypersensibilité retardée : Lors d’une première exposition, l’allergène traverse la peau et se fixe sur des cellules appelées cellules de Langerhans. Ces cellules migrent alors vers les ganglions lymphatiques où elles “présentent” l’allergène aux autres cellules (lymphocytes T CD4+). Lors du deuxième contact avec l’allergène, les cellules de Langerhans migrent vers les lymphocytes désormais activés. Les lymphocytes affluent vers la zone d’allergie et y créent des lésions vésiculeuses intradermiques, visibles 48 à 72 heures après le contact. Les eczémas de contact, les allergies à la cire dépilatoire et aux tatouages semi-permanents entrent dans cette catégorie.

Latex et cosmétiques, voilà le hic !

Extrait de la sève de l’arbre à caoutchouc tropical, le latex se retrouve dans les gants ménagers, les tétines, les bonnets de bain, la colle des enveloppes ou encore les préservatifs et provoque aujourd’hui de nombreuses réactions allergiques. Sans distinction d’âge, elles touchent principalement les femmes et 10 % du personnel soignant utilisant massivement des gants en latex poudrés.

Généralement modérés, les symptômes peuvent parfois avoir de lourdes conséquences. De l’urticaire de contact à la rhino-conjonctivite, ils peuvent plus gravement entraîner des sensations d’asphyxie, de l’asthme ou un état de choc anaphylactique avec perte de conscience.

Pour le personnel soignant, différentes mesures de protection se mettent en place. “Les gants en vinyle pour réaliser des examens non stériles ou pour manipuler les aliments et des gants en caoutchouc pour faire le ménage, les gants en latex devant être réservés aux opérations stériles. De plus, le latex utilisé est moins allergisant et la poudre responsable de la propagation de l’allergène est abandonnée” déclare le Dr Martine Vigan, dermatologue au CHU de Besançon.

Les allergies aux cosmétiques concernent des dérivés végétaux qui peuvent se cacher dans un gel douche, un rouge à lèvres ou un eye-liner. Le meilleur traitement repose sur l’évitement du produit. “Cette mesure ne suffit pas toujours car un second contact avec l’allergène, sous une autre forme, risque d’entraîner un choc anaphylactique. Ainsi, une personne sensibilisée à l’huile de sésame par un gel douche peut faire un choc grave après avoir mangé des gâteaux apéritifs contenant cette même huile. Un accident similaire peut être dû à l’huile d’avocat ou à certains dérivés du blé contenus à la fois dans des crèmes, des eye-liners et dans certains aliments (pâté de foie)” rappelle le Dr Vigan.

Face à une réaction de type urticaire consécutive à l’utilisation d’un produit cosmétique, parlez en à votre médecin et conservez le produit en cause pour que sa responsabilité puisse être confirmée par des tests en cabinet médical.

Parfums, cire et tatouage, attention aux mauvaises surprises !

Le parfum est présent dans les lessives, le papier toilette, les produits capillaires, le papier à lettres, les mouchoirs… la bonne odeur a néanmoins un revers : la nette progression des allergies à ces composés. La sensibilisation est mise en évidence grâce aux “fragrances mix”, un mélange de parfums employés dans les tests allergologiques réalisés en routine chez les personnes souffrant d’eczéma. Leur proportion serait passée de 5 à 11% en une dizaine d’années.

Face à ce phénomène, les spécialistes ont attiré l’attention de la Commission européenne en demandant que tous les ingrédients des parfums figurent sur les emballages. Mais cette demande s’oppose au veto des fabricants qui veulent garder leurs secrets de fabrication et à la difficulté à faire figurer entre 20 et 400 composés pour les parfums “haute couture”. Trouver le coupable devient ainsi un véritable casse tête.
Les cires dépilatoires peuvent également entraîner des allergies.

“L’appellation “hypo-allergénique” n’a pas réellement de sens. Il indique seulement que le fabricant a fait un effort pour supprimer un allergène supposé. La seule information utile, pour les patients allergiques, est la liste de tous les ingrédients employés”.

Dernier accessoire de beauté à la mode, les faux tatouages au henné qui peuvent entraîner des allergies retardées. Généralement, le tatouage s’invite plus longtemps que prévu. Alors qu’il devrait disparaître après une quinzaine de jours, il est remplacé par un eczéma moins décoratif… Le coupable est plus facilement identifiable, il s’agit de la paraphénylène diamine (PPD) contenue dans le produit appliqué.

Avant de se faire ce type de tatouage, si on en accepte le risque, il serait prudent de demander le nom et l’adresse du fabriquant ainsi que le numéro du lot, informations utiles en cas de sensibilisation.

Enfin, la PPD est également présente dans certains colorants textiles, notamment pour les jeans, et dans les teintures capillaires et peut donc occasionner d’autres eczémas chez les personnes sensibilisées.